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“Discourses of Displacement” in the Ethnography of Léon-Gontran Damas and Poetry of Charles Baudelaire

Michael Reyes Salas

Résumé


It is not far-fetched to imagine that the French underclass that occupied the city streets Charles Baudelaire roamed as a flâneur could have turned up in the bagne, or penal colony, described by the Negritude poet Léon Damas in his ethnographic field work in Guyane. Through a literary analysis of Damas’ ethnography, Retour de Guyane (1938), in tandem with a selection of prose-poems by Baudelaire from Le Spleen de Paris (1869) and Les Fleurs du mal (1857), this article calls attention to the parallels between the observational methods of urban spectatorship they use to collect case studies for their writing. The interpretive approach I use acknowledges the crossover between literary creativity and sociological analysis and is informed by a theoretical framework that couples Negritude’s anticolonialism with carceral studies. My analysis of these texts is situated in the context of the French Third Republic’s laws against recidivism and vagrancy in the late nineteenth century, which carried the penalty of forced deportation to distant penal colonies, a punitive practice that continued into the early twentieth century. In Baudelaire’s case, changing sociopolitical circumstances in light of Hausmannisation necessitated new modes of how writers dealt with the capital city’s exclusionary development. In the case of Damas, his critique of mise en valeur culture and exploitative colonial scholarship prompted his departure from the conventional practice of salvage ethnography that feigned inclusive objectivity. The article focuses on passages that highlight overlapping colonial and carceral attributes within both the colony and metropole. In conclusion, I argue that Damas’ condemnation of the mission civilisatrice, alongside Baudelaire’s contestation of degraded urban environments, point towards a poetics of colonial society’s intoxication with power.

Il n’est pas irréaliste d’imaginer que la sous-classe qui occupait les voies urbaines que Charles Baudelaire parcourut comme flâneur, aurait pu être envoyée au bagne décrit par le poète de la Négritude Léon Damas dans son travail ethnographique en Guyane. À travers une lecture attentive de l’ethnographie et essai anticolonialiste, Retour de Guyane (1938), en tandem avec quelques poèmes en prose du Spleen de Paris (1869) et des Fleurs du mal (1857) de Baudelaire, cet article souhaite illustrer les parallèles entre les méthodes d’observation qu’ils utilisent pour collectionner les études de cas qui figurent dans leurs oeuvres. L’approche interprétative que j’utilise reconnaît le croisement entre la créativité littéraire et l’analyse sociologique et est informée par un cadre théorique qui couple l’anticolonialisme de la Négritude avec les études carcérales. Mon analyse de ces textes est située dans le contexte des lois de la troisième République contre la récidive et le vagabondage, qui prévoyaient la peine de la déportation dans des bagnes lointains, une pratique punitive qui a continuée jusqu’au début du vingtième siècle. Dans le cas de Baudelaire, les changements de la situation sociopolitique survenus à la suite de l’hausmannisation, ont rendu nécessaire pour les écrivains de trouver de nouveaux modes de configurer le développement exclusif de la ville capitale. Dans le cas de Damas, sa critique de la mise en valeur et des études coloniales fondées sur l’exploitation l’ont incité à abandonner les pratiques conventionnelles de l’ethnographie de sauvetage, qui simule une inclusion objective. Cet article se concentre sur des passages textuels qui soulignent les liens entre les attributs coloniaux et carcéraux dans la colonie et dans la métropole. En conclusion, je soutiens que la condamnation de la mission civilisatrice faite par Damas en tandem avec la contestation de la dégradation de l’environnement urbain faite par Baudelaire, nous orientent vers une poétique de l’ivresse du pouvoir absolu de la société coloniale.


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