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Louis-Ferdinand Céline: Trolling For Another Time?

Luke Warde

Résumé


This article presents a reading of Louis-Ferdinand Céline through the concept of trolling. A relatively new phenomenon, trolling denotes an attempt to elicit a negative response in a chosen target via deliberate provocation or incitement. While inextricable from the online social media platforms that have facilitated its emergence as a discursive mode, trolling is dependent on rhetorical strategies that are hardly new: irony, self-referentiality, effrontery, aggression, etc. Trolls seek to cultivate a brand around the antipathy they delight in triggering. I contend that Céline attempted to do just this in the postwar period, and more specifically in the series of interviews he conducted at Meudon in the last decade of his life. I thus argue against some recent scholarship that claims that Céline attempted to regain, by expressing contrition, a sympathetic audience following his condemnation for having published a series of egregiously antisemitic pamphlets. Rather, I suggest that he sought to instrumentalize his notoriety for his own advantage; some readers, he likely reasoned, are drawn to him because, not in spite of, his infamy. My argument draws on a body of recent writing on the relationship between humour, new media and far-right politics.

 

Cet article propose une lecture de Louis-Ferdinand Céline éclairée par le concept de « trolling ». Le trolling est un phénomène relativement nouveau désignant la pratique visant à susciter de fortes réactions négatives chez autrui par la provocation ou l’incitation. Indissociable des plateformes numériques qui lui ont donné naissance, le trolling repose sur certains dispositifs rhétoriques facilement identifiables : ironie, autoréférence, impertinence, agression, etc. Les trolls visent à cultiver une réputation fondée sur l’hostilité qu’ils se délectent à provoquer. Je voudrais suggérer que Céline a adopté une stratégie similaire dans la période d’après-guerre, et plus précisément dans la série d’entretiens qu’il a accordé à quelques journalistes dans sa maison de Meudon, juste avant sa mort. Alors que certains affirment que Céline, en se repentant, essayait de regagner la sympathie du public après sa condamnation pour avoir publié trois pamphlets furieusement antisémites, je propose que sa véritable intention était d’instrumentaliser sa notoriété pour son propre avantage, car, pensait-il, une part de son lectorat s’intéressait à lui, non pas en dépit de, mais pour son infamie. Mon analyse mobilise un ensemble d’études récemment publiées portant sur l’humour, les nouveaux médias et l’extrême droite.


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