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La vengeance chez Frédéric Marcelin et Sony Labou Tansi : La vengeance de Mama (1902, 1974) et La Vie et demie (1979)

Joubert Satyre

Résumé


Avec près de soixante-quinze ans d’écart, deux romanciers francophones, le Haïtien Frédéric Marcelin (1848-1917) et le Congolais Sony Labou Tansi (1947-1995) ont publié deux romans dont l’intrigue développe entièrement ou partiellement le thème de la vengeance, avec pour principaux actants : des femmes, des dictateurs, le champagne, le poison, la séduction et le sexe. Dans La vengeance de Mama (1902, 1974) de Marcelin, Zulma Corneille, surnommée Mama, se venge du meurtre de son fiancé, Épaminondas Labasterre, en faisant boire du  champagne empoisonné à Télémaque, son meurtrier, au cours d’un rendez-vous galant;  dans La Vie et demie (1979) de Sony Labou Tansi,  après l’assassinat de sa famille entière par le Guide Providentiel de la Katamalanasie, Chaïdana, fille de l’opposant Martial, fait périr également avec du champagne empoisonné un grand nombre d’officiels de ce pays totalitaire, auxquels elle s’offre comme amante dans l’hôtel éponyme du roman.

Le but de cet article est d’interroger les ressemblances somme toute fortuites entre les deux romans, car il est peu probable que Labou Tansi ait lu Marcelin. Il vise à analyser les modalités de l’exercice de la vengeance dans les romans, notamment l’utilisation de la ruse et de la séduction pour appâter les victimes.

Nearly 70 years apart, two francophone authors, the Haitian Frédéric Marcelin (1848-1917) and the Congolese Sony Labou Tansi (1947-1995), published novels whose plot either entirely or partially calls upon the theme of vengeance, each featuring the same principal elements: women, dictators, champagne, poison, seduction and sex.  In Marcelin’s La vengeance de Mama (1902, 1974), Zulma Corneille, nicknamed Mama, avenges the death of her fiancé, Épaminondas Labasterre, by making his murderer Télémaque drink poisoned champagne during an amourous rendez-vous; in Sony Labou Tansi’s La Vie et demie (1979), after seeing her entire family murdered by the Guide Providientiel de la Katamalanasie, Chaïdana, the daughter of the antagonist Martial, likewise uses poisoned champagne to kill off a number of the totalitarian country’s officials after having offered herself to them in the novel’s eponymous hotel.  

The goal of this article is to investigate what must be fortuitous similarities between these two novels, as it is unlikely that Labou Tansi would have read Marcelin. It aims to analyse the way in which vengeance is employed in the novels, notably the use of ruses and seduction as a means of enticing the victims.


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