Une vieillesse en fleur : les rides du vivant chez Ananda Devi

Auteurs-es

  • Marinella Termite

Résumé

Parmi tous les dérapages de l’existence qui produisent exclusion et exclusivité à la fois, la vieillesse constitue une manière paradoxale de sillonner le vivant pour en mettre à l’épreuve la capacité dynamique de régénération et de recréation. C’est ainsi que le reflux d’humanité qui agite l’imaginaire des marginaux typiques de l’écrivaine mauricienne Ananda Devi, s’appuie sur des personnages capables d’interagir avec leur âge, sans en faire un accessoire immobile de la narration mais plutôt une ressource à explorer. Dans ce contexte de déstabilisation des points de vue, Les jours vivants (Gallimard, 2013) explore, de manière singulière, comment la vieillesse peut remodeler la vie – et devenir une forme de résistance – en s’appuyant sur « l’énergie primaire et primordiale qu’est la nature » (p. 180), notamment par le biais du végétal qui, d’après notre hypothèse, capturerait le désir d’exister au-delà des contraintes du « dernier âge ».

Biographie de l'auteur-e

Marinella Termite

Marinella Termite est maître de conférences de littérature française à l’Université de Bari, où elle fait partie du Groupe de Recherche sur l’Extrême Contemporain (GREC) et codirige la collection « Ultracontemporanea » (Quodlibet). Elle a, entre autres, publié, avec les préfaces de Marie Thérèse Jacquet, L’écriture à la deuxième personne. La voix ataraxique de J.-M. Laclavetine (Peter Lang, 2002), Vers la dernière ligne (B.A. Graphis, « Marges critiques/Margini critici », 2006), Le sentiment végétal. Feuillages d’extrême contemporain (Quodlibet, « Ultracontemporanea », 2014) et coordonné, pour « Ultracontemporanea », Mots de faune (2020) ainsi que Le prisme des anomalies (avec Laurent Demanze, 2023).

Publié-e

2023-11-07