L’« atelier » Balzac : de la « fabrique » Le Poitevin à Charles Rabou
Résumé
Dès ses premiers débuts dans le monde littéraire Balzac n’est pas étrange aux écritures collectives. Souvent ces textes à plusieurs mains sont signées seulement par l’un des auteurs, ou par un pseudonyme utilisé à tour de rôle, ce qui a causé nombreux de problèmes dans l’attribution des textes. Même au tournant de 1830 Balzac, qui commence à signer ses romans de son nom, ne renonce pas aux écritures collectives : il se lie en amitié avec Philarète Chasles – auteur de la préface au recueil balzacien Romans et contes philosophiques (1831) – et Charles Rabou – qui sera en charge, à la mort de Balzac, de trouver des conclusions aux romans inachevés par le grand maître –, et rédige avec eux les Contes bruns (1831-1832). Quelques années plus tard, ce sera Théophile Gautier qui participera en cachette à l’écriture de certains textes balzaciens – par exemple fournissant des poésies pour Illusions perdues. Enfin, dans les années 1840, Balzac participe aux ouvrages dits ‘panoramiques’ tels que les Scènes de la vie privée et publique des animaux, qui donnent lieu à d’autres collaborations pas moins ambigües – voir l’article « Voyage d’un moineau à Paris » pour les Animaux d’Hetzel, signé par Georges Sand mais rédigé en réalité par Balzac. Nous nous proposons de reparcourir ces étapes de l’écriture balzacienne, en sous arrêtant notamment sur les collaborations les moins connues du romancier.