Énergies écoféministes chez Anaïs Barbeau-Lavalette

Auteurs-es

  • Élise Lepage

Résumé

Cet article propose une lecture de deux romans d’Anaïs Barbeau-Lavalette, Femme forêt (2021) et Femme fleuve (2022) à la lumière de théories écoféministes qui permettent de repenser tout un ensemble de relations, en dehors des présupposés épistémologiques binaires qui renvoient généralement dos à dos des concepts (esprit/corps, théorie/expérience, homme/femme, culture/nature, etc.) tout en dévalorisant et instrumentalisant l’un des termes. La pensée écoféministe invite au contraire à associer théorisation et pratique, et insiste sur les échanges, les flux et les influences qui s’effectuent entre les êtres, mais aussi entre la pensée et l’action. En faisant rayonner la polysémie du terme d’énergie, cet article analyse successivement les représentations du désir de savoir et du désir sexuel des narratrices, avant de s’attarder sur certains motifs spécifiques liés aux sensations. La main symbolise à la fois la douceur de la caresse et l’énergie de l’action, tandis que le piquant, sensation plurisensorielle, permet de décloisonner les différentes classes d’êtres vivants afin de mettre en valeur leurs capacités de régénération, d’hybridation et d’adaptabilité. En somme, cet article montre comment ces deux romans de Barbeau-Lavalette montrent de nouvelles façons d’envisager et d’imaginer les relations entre êtres vivants dans une perspective écoféministe.

Biographie de l'auteur-e

Élise Lepage

Élise Lepage est professeure agrégée à l’Université de Waterloo. Ses travaux portent sur l’imaginaire géographique et le paysage dans la littérature québécoise et de la francophonie canadienne. Spécialiste de poésie contemporaine, elle mobilise des approches écopoétique et écoféministe. Elle a entre autres publié une monographie, Géographie des confins (2016), co-dirigé deux collectifs et plusieurs dossiers de revues savantes (Études littéraires, Voix & Images, @nalyses, etc.). Depuis plusieurs années, elle dirige la collection « Voix savantes » aux Éditions David à Ottawa et est membre du comité éditorial des revues @nalyses et Québec Studies. Elle a été présidente de l’Association des littératures canadienne et québécoise (ALCQ, 2017-2019) et membre de jury de plusieurs prix littéraires et académiques.

Publié-e

2026-05-26