Rupture ontologique et mémoire coloniale dans Les jours viennent et passent de Hemley Boum

Auteurs-es

  • Piguedinam Simgbe

Résumé

Cet article propose une relecture critique de Les jours viennent et passent (2019) de Hemley Boum à partir d’une réflexion sur la colonisation comme processus de reconfiguration ontologique du rapport au vivant. En mobilisant les apports de la pensée postcoloniale et de l’écologie décoloniale, notamment les travaux d’Achille Mbembe, il s’agit de montrer comment le roman met en scène non seulement une rupture historique, mais une transformation profonde des régimes de perception, de spiritualité et de subjectivation. À travers l’analyse de la narration de personnages tels que Bouissi et Awaya, le texte donne à voir l’effacement progressif d’une ontologie relationnelle du monde, fondée sur la continuité entre humains, non humains, vivants et morts, au profit d’un ordre colonial fondé sur la binarité, la domination et l’exploitation. Cette étude interroge enfin les impasses contemporaines issues de cette rupture, tout en soulignant les ambiguïtés et les potentialités d’une subjectivité postcoloniale marquée par l’hybridité.

Biographie de l'auteur-e

Piguedinam Simgbe

Piguedinam Simgbe est doctorante en littérature francophone à l’Université Dalhousie. Ses recherches s’inscrivent dans le champ des études postcoloniales et interrogent les littératures africaines contemporaines à partir des enjeux de mémoire, d’ontologie et de représentation du vivant. Elle s’intéresse aux formes de transmission, aux configurations identitaires et aux effets durables de la rupture coloniale dans les récits littéraires.

Publié-e

2026-05-26